Si Ronce m’était contée

C’est par un jour de mars glacé que nous avons fait connaissance avec François Marteau.

Cet enfant du pays, au demeurant professeur d’histoire-géographie, a créé il y a plusieurs années

Un parcours pédestre au coeur de la Ville de Ronce-les-Bains, berceau de son enfance.

Il l’a nommé « si Ronce m’était contée », y mêlant les données historiques de la station

Et ses propres souvenirs et saveurs de ce lieu où il fait si bon vivre…

Nos visages balayés par l’air de l’hiver finissant, la verve de notre conteur nous apporta de la chaleur,

Celle du coeur nourri par sa vie ici, joyeuse et heureuse comme les mimosas en fleurs au jaune éclatant,

A la hauteur de son coeur d’enfant, pour le plus grand plaisir des visiteurs.

Nous nous sommes donc laissés conter, et ce fut passionnant !

Ronce, c’est d’abord un personnage, Joseph Edouard Perraudeau de Beaufief, qui voulut faire de la viticulture à Ronce. L’aventure tourna court, et l’homme décida finalement de créer la Forêt de la Coubre, inaugurée en 1860, dont l’objectif était de tenir lieu d’écran artificiel pour limiter le recul dunaire. C’était un visionnaire !

Surfant alors sur la vague des bains de mer, l’homme créa la station de Ronce-les-Bains, dont le développement associé à celui de l’ostréiculture et de l’économie forestière devaient radicalement changer la physionomie de la presqu’île d’Arvert, restée jusqu’alors une enclave.

Ainsi, l’essor urbain de Ronce a été continu au-delà de ses limites initiales. Son originalité tient en l’extrême diversité de son patrimoine bâti, depuis les chalets entièrement en bois jusqu’aux constructions modernistes voire futuristes des années 1950, en passant par les castels rococo de la belle époque et la vogue particulièrement développée à Ronce du style néo-basque à partir des années 1930.

Les villas « Mignon » et « Mignonne », appelées également « les Jumelles », évoquent la mitoyenneté qui existait dès l’origine de Ronce en 1860.

La villa « Primerose » et la village « Bagatelle » constituent un seul et même bâtiment. Toutefois, elles sont emblématiques de ce phénomène typiquement ronçois, peu commun sur le littoral charentais et ailleurs, qui s’est développé dès l’origine de la station jusque dans les années 1960 : la mitoyenneté. Elle permettait vraisemblablement aux investisseurs, membres d’une même famille, d’amortir ainsi le coût de la construction.

La Villa « Léonie » est l’une des villas les plus originales de Ronce et évoque les années folles. Son style totalement déstructuré et ses larges ouvertures arrondies en façade évoquent l’art nouveau et avec lui, l’influence du dadaïsme dans l’architecture balnéaire de cette époque.

La Villa « Monplaisir » appartient à la grande famille Dières-Monplaisir, qui a fortement contribué au développement de Ronce.

La Villa « l’Aronde » évoque la circularité qui en fait son originalité et évoque par ailleurs la gamme de la célèbre marque d’automobiles des années 1950 et 1960 qui symbolisait la modernité de l’époque. Le célèbre écrivain Michel Butor, chantre du « nouveau roman » et du renouveau littéraire d’après-guerre, y a séjourné à de nombreuses reprises.

Le nom à consonance espagnole de la Villa « Le Fandango » colle particulièrement bien à cette demeure, archétype de l’architecture néo-basque qui s’est développée à Ronce dès les années 1930, et qui a connu son apogée après la seconde guerre mondiale sur des volumes plus modestes.

Le groupe suit passionnément le professeur passionné d’histoire et d’histoires…

La magie de la visite opère et nous nous attardons avec tendresse

Devant les façades closes des villas qui bientôt accueilleront

Pour les vacances petits et grands chez Papounet ou Grand’Maman…

Nourris par le charme irrésistible de la station, nous tombons tous en admiration

Devant l’Hôtel de la Plage, qui se prépare à accueillir ses premiers vacanciers dès avril.

Ce lieu, qui abrita le tournage de la série télévisée du même nom diffusée en 2014,

Nous accueille alors avec enthousiasme, en la personne de son sympathique patron,

Qui nous propose de suite une visite guidée de l’emblématique lieu,

Pour notre plus grand bonheur et pour le plaisir des yeux !

L’Hôtel de la Plage avait déjà une fonction hôtelière, à l’origine de Ronce. Dans les années 1920, le bâtiment, acquis par la société Hennessy de Cognac, a ainsi été la première colonie de vacances de Ronce. Il a retrouvé sa vocation initiale au début des années 2000.

Et bien oui, le Paradis est ici, à Ronce, je confirme !

« Qui m’approche ne me quitte » en est d’ailleurs sa si juste devise…

« Ce serait p’t’être bien un endroit pour vivre… » nous suggère François Marteau…

La fin de la promenade menée par le professeur passionné s’achève en toute logique

Devant l’ancienne école de Ronce, devenue aujourd’hui le Casino que l’on connaît.

Elle fut construite en 1929, grâce à la volonté de Camille Daniel, grande personnalité ronçoise qui a largement contribué, durant l’entre deux guerres, à la promotion et à l’essor de la station en la dotant également d’autres bâtiments publics tels que le syndicat d’initiative et le bureau de poste qui ont fait de Ronce un village à part entière et a contribué à lui forger une identité propre.

Les visiteurs s’en sont allés. Avant de repartir, je profite de la magie du soleil couchant

Sur cette plage ronçoise vide et magnifique. Ce serait p’t’être bien un endroit pour vivre…

« C’est vraiment bien un endroit pour vivre… » nous confirme François Marteau…

François Marteau | Facebook

http://www.hoteldelaplage-roncelesbains.fr/

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